Le règlement nouveau est arrivé !
Rappelons que les
dispositions qui encadrent l’élevage du Trotteur Français font l’objet d’un
règlement officialisé par un arrêté ministériel validant le texte élaboré par
la SECF, en charge du Stud-book.
Le Ministère de
l’Agriculture vient d’approuver, le 27 juin dernier, un nouveau règlement dont
les effets pour 2009 sont capitaux, en particulier concernant l’autorisation
d’une femelle à reproduire. Constatons la précocité de cette parution car le
plus souvent nous n’en prenions connaissance qu’en janvier ou février de
l’année concernée.
Nous ne nous étendrons pas
ici sur la médiocrité inutilement complexe de ces dispositions que nous avons déjà
eu l’occasion de relever.
Arrêtons-nous sur le barème
de catégorisation des juments, applicable en 2009, pour confirmer celles-ci et
donc les autoriser ou autoriser leurs filles à reproduire, dans un certain
nombre de cas. Ce barème figure dans la présente lettre, à
l’article : « comprendre les effets de la catégorisation »,
page 4.
Habitués que nous sommes à
subir l’inflation des dispositions sur lesquelles il est collé « rustines
sur rustines » d’années en années, relevons ce qui a changé dans la
dernière mouture de ce barème de catégorisation par rapport à la précédente du
25 janvier 2008, à savoir :
Quels effets peut-on prévoir
d’une telle évolution de ce barème ? Tout dépend de la situation du record
concerné. Considérons les trois situations suivantes :
Globalement, les
dispositions de l’année 2009 relâchent donc l’étreinte.
Comment interpréter une telle évolution ? S’agit-il de lapsus calami ? Est-ce l’aveu d’une erreur d’orientation qui a nécessité ce coup de barre ? Les concepteurs de ce règlement ont-ils expérimenté, dans leur propre élevage, la sévérité absurde de telles dispositions ? Je laisse le soin au lecteur de trouver la réponse...
Jacques BOULLY , 28 septembre 2008 (Paru dans l'AtouTrot N°18 septembre 2008)

La
collaboration entre le GAET et le GEMTROT, afin d’obtenir une évolution
favorable de la règlementation de l’élevage du Trotteur, se confirme et viens
de se concrétiser. Nous avons participé à deux des réunions régionales du GAET
afin de démontrer la pertinence de nos critiques relatives à la règlementation
de l’élevage. La grande majorité des éleveurs présents confirme le bien fondé
de nos interventions et soutient l’action qui vise à faire évoluer en ce sens
Affaire
à suivre...
En
attendant et parallèlement à cette action politique, le GEMTROT poursuit son
travail technique dans le but d’améliorer les résultats de ses adhérents.
Rendez-vous à la prochaine réunion technique de cet automne et dans le dernier
numéro de l’année de l’AtouTrot qui sera, comme de coutume, spécialement dédié
aux étalons de la monte 2008.
(1) Sénèque, 60 après J.C.
(2) Michel Jean Sedaine, 1752.

Jacques BOULLY le 31 juillet 2006 (publié dans l'AtouTrot N°10 de juillet 2006)

En effet, si dans la 4e
classe le coût moyen de saillie de 9 336 € est relativement
élevé, le
produit est vendu en moyenne 45 357 € (de 29 à 70 000
€) mais avec
des exigences moyennes telles que : mères avec 80 % de
produits qualifiés,
pères avec un BTR de 53, se classant dans les 4 % meilleurs
étalons sur le taux
de produits qualifiés corrigé en équivalent 3 ans
et BTR de 45 pour les sujets
vendus.
Jacques
BOULLY
le 7 décembre 2005 (publié dans l'AtouTrot
N°8 de décembre 2005)

Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures*
Voilà déjà une bonne année que nous avons nourri le projet de faire revoir la réglementation de l’élevage du trotteur Français. Considérons, pour l’instant, notre démarche comme exploratoire.
Rappelons, qu’en la matière, la politique de la SECF présente les trois caractéristiques majeures suivantes :
Aujourd’hui nous constatons que les responsables de la SECF ne veulent rien changer à cette funeste réglementation et refusent de prendre en compte toutes les catégories d’acteurs de la filière ainsi que les moyens modernes d’amélioration génétique qui ont fait leurs preuves dans d’autres espèces. Ils assurent du fonctionnement démocratique de leur instance alors que l’éleveur moyen n’est pas représenté au prorata de son importance.
Les consultations que nous avons réalisées sur le sujet auprès des Haras Nationaux, des Associations sœurs, du Ministère de l’Agriculture, de scientifiques et d’élus, confirment, dans l’ensemble le bien fondé de notre démarche. Il en est même qui agissent pour nous épauler…
Chers collègues, soyez assurés que si vous continuez à nous soutenir dans cette action; nous ne baisserons pas les bras. Dès le mois de septembre, une nouvelle stratégie sera à l’ordre du jour. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé.
Jacques BOULLY le 24 juin 2005 (publié dans l'AtouTrot N°5 de juin 2005)
*Pierre Charron, traité de la sagesse, 1601.

LE MIRAGE DU CLONAGE
Nous prenons connaissance avec intérêt de la prouesse technique de ces physiologistes de la reproduction équine qui viennent de faire naître, le 25 février dernier, PIERAZ-CRYOZOOTECH-STALLION, clone du fameux hongre PIERAZ champion du monde d’endurance en 1994 et 1996.
Que penser d’un tel exploit ?
Il s’agit en effet d’un véritable exploit technologique que de produire un sujet génétiquement identique à un « donneur » adulte. L’opération consiste à prélever le génome dans le noyau des cellules sommatiques (du corps) « du donneur » et à l’introduire dans un œuf (ovule juste fécondé) avant toute division cellulaire. Ensuite cet embryon est implanté dans l’utérus d’une jument « receveuse » préparée à cet effet. La manœuvre est délicate. Nous croyons savoir que le taux de réussite est faible et que donc l’obtention d’une naissance nécessite de nombreuses manipulations…
Nous osons affirmer que l’intérêt économique de cette technique est aujourd’hui minime, même s’il ne manquera pas de clients pour s’y lancer. De multiples arguments étayent cette thèse, à savoir :
1.La réussite étant relativement aléatoire, la technique mise en œuvre complexe, le coût du poulain né viable est prohibitif (sous réserve d’un chiffrage contradictoire).
2.Les candidats « donneurs » sont de grands champions mais dont le réel potentiel génétique fait l’objet, à ce stade, d’une évaluation très peu fiable. Compte tenu de l’héritabilité des caractères concernés, dont l’ordre de grandeur n’est que de 25 %, bien des déceptions sont à prévoir…
3.Le sujet obtenu étant théoriquement une copie génétique du « donneur », pour lui demander de réaliser les mêmes exploits que ce dernier, il faudra lui fournir les mêmes conditions de milieu (élevage, entraînement…). Ce qui est sûr, c’est qu’il n’aura pas les mêmes concurrents. Compte tenu du décalage dans le temps, il est certain que ces derniers auront bénéficié d’un progrès génétique alors que le clone aura le niveau (génétique) d’un champion d’il y a une dizaine d’année dans notre cas (5 ans pour le moins de façon générale).
4.Comme vu précédemment, la production de clones ne génère pas de progrès génétique mais fixe une situation. Seul le brassage des gènes, conséquence de l’accouplement d’individus différents, assure le progrès. Une population raciale en concurrence avec d’autres doit mettre en œuvre un programme d’amélioration génétique performant sous peine de disparition.
5.Enfin, comme cela nous a été expliqué à propos de la brebis clonée DOLLY, morte pématurément, et confirmé par d’autres expériences, le clone, à la naissance, aurait l’âge biologique de son « donneur ». Il est ainsi fabriqué des « petits déjà vieux ». C’est probablement la raison pour laquelle les concepteurs de PIERAZ-CRYOZOOTECH-STALLION n’envisagent pas, pour leur phénomène, la compétition mais uniquement la fonction d’étalon afin de suppléer l’absence de testicules de son hongre de « donneur » !
Notons que si, pour un éleveur ou un propriétaire ce mode de reproduction est plus spéculatif que techniquement efficace, scientifiquement il n’en est pas de même. Cette démarche permet de faire progresser les connaissances tant au plan de la physiologie de la reproduction et de l’embryogénèse que des mécanismes relatifs à l’expression du potentiel génétique.
Nous ne pouvons que souhaiter persévérance et bonne continuation aux chercheurs ainsi que beaucoup de chance aux candidats à l’aventure !
Jacques BOULLY le 17 avril 2005

Le GEMTROT argumente sur le transport du sperme
Le GEMTOT, association d’éleveurs de trotteurs de l’Ouest, a déjà dans le passé fait connaître, parfois vigoureusement, sa position vis-à-vis du transport du sperme. Interrogeons, aujourd’hui, Jacques BOULLY, son Président élu le 29 mai dernier.
TOP TROT : Le GEMTROT s’intéresse-t-il toujours au transport du sperme ?
J.B. : Evidemment, les adhérents du GEMTROT souhaitent pouvoir utiliser cette technique pour faciliter le progrès génétique de la race et améliorer la situation économique de leur activité. Il ne sont d’ailleurs pas les seuls et bon nombre d’éleveurs de l’hexagone supportent mal les contraintes inutiles qui leur sont imposées. Je dois préciser que les adhérents du GEMTROT sont des éleveurs responsables et qu’ils imaginent la mise en place de cette technique dans un cadre évitant tout débordement anarchique.
TOP TROT : Pouvez-vous me préciser ce qui motive votre position favorable ?
J.B. : L’intérêt de ce mode de reproduction, qui consiste à transporter le sperme à la place des juments, est évident. Une analyse plus fine met en lumière les multiples avantages, à savoir :
•Au plan social, il gomme les inégalités géographiques et donne à tous les éleveurs les mêmes chances. Nous savons qu’il y aura toujours des gagnants (peu) et des perdants (beaucoup plus), c’est la règle du jeu, mais nous pensons qu’il est plus juste et dynamisant de faciliter l’accès au géniteur de son choix. La pertinence de ce choix et d’une façon générale la qualité de l’éleveur fera le reste.
•Au plan sanitaire, on connaît l’excellente barrière que constitue l’insémination artificielle aux maladies sexuellement transmissibles. Comment peut-on encore imposer la mise en pension d’une jument, venant de mettre bas et de supporter le stress du voyage avec son poulain au moment où les capacités immunitaires de ce dernier sont les plus précaires, dans un milieu au microbisme inconnu d’eux ? La paillette venant à la jument évite ce scénario à haut risque.
•Au plan technique, l’insémination avec du sperme congelé libère de contraintes horaires et permet de répondre aux exigences de la jument tout en assouplissant les conditions de travail.
•Au plan économique, il est aisé de calculer l’économie générée par la réduction du transport ne serait-ce qu’en carburant et temps de travail. A titre personnel, je réalise plus de 1000 Km, aller et retour (4 voyages), par jument et par an pour la mise à la reproduction. S’ajoutent à cela les bienfaits techniques et sanitaires, exposés précédemment qui, en définitive, se traduisent toujours par des économies. Notons qu’au plan écologique et énergétique la diminution drastique de ces transports représente un avantage significatif. Il est de notre devoir citoyen de prendre également en compte cette dimension.
Comme vous le voyez, les avantages sont multiples et pèsent lourd. Ce n’est pas un hasard si 55% des juments françaises de sport ont été inséminées en 2003 avec du sperme transporté et cela est encore beaucoup plus important si l’on ne considère que le cheval de selle français pour lequel 60 % des 11 927 juments ont bénéficié de cette facilité.
TOP TROT : C’est trop beau, dans toute situation, il faut comparer les avantages et les inconvénients. Pouvez-vous nous éclairer sur les points négatifs du transport de la semence ?
J.B. : Pour être objectif, il y a quelques points négatifs inhérents au fait que, pour transporter ce sperme, il faut lui assurer une longue conservation qui nécessite une réfrigération ou une congélation dans l’azote liquide (-196°C). Ces opérations se réalisent selon des protocoles précis qui induisent quelques dommages aux spermatozoïdes. Dans ces conditions et avec la congélation qui a les inconvénients de ses avantages, nous avons à supporter deux conséquences par rapport à l’utilisation du sperme frais classique :
•Un surcoût dont l’ordre de grandeur est d’environ 200 € par jument mise à la reproduction. Notons que cette somme représente approximativement un transport de 360 Km sans le temps de travail et 130 Km en incluant celui-ci. C’est dans la plupart des cas très inférieur aux déplacements actuellement réalisés. Si l’on prend en considération les frais supplémentaires de la pension, le surcoût de la semence congelée devient très négligeable dans le bilan.
•Un abaissement de la fertilité du sperme de 5 à 10 %. Tous les étalons ne supportent pas également les différents protocoles pour la conservation de leur sperme. Le sperme de certains étalons devra être considéré comme non congelable et l’on devra se contenter de la semence réfrigérée qui est également transportable mais avec moins de souplesse d’emploi. Pour d’autres étalons, il faudra n’utiliser que la semence fraîche. Il apparaît donc nécessaire d’adapter la technique employée aux circonstances et en particulier aux capacités de l’étalon en la matière. L’adaptation de la méthode à l’étalon ainsi qu’un bon suivi gynécologique permettent de pallier cette légère faiblesse et la différence en fin de saison de monte est minime même si elle reste légèrement à l’avantage de la semence fraîche.
Ce qui est demandé : la possibilité de transporter le sperme. Les éleveurs choisiront le mode de reproduction le plus avantageux selon la situation. Notons que si dans d’autres races le transport du sperme a pris un tel essor, c’est bien que son bilan est hautement favorable et que les éleveurs ainsi que les étalonniers y trouvent leur compte.
TOP TROT : Ne pensez-vous pas que la simplicité du transport du sperme ne conduise des éleveurs à s’inscrire dans l’illégalité ?
J.B. : Votre question est intéressante car c’est la première objection que suggère la perspective de faciliter la multiplication, la longue conservation et le transport du sperme d’étalon.
Que peut-on craindre d’illégal ? La déclaration sous un faux nom de père ou le dépassement du quota de cartes de saillies alloué par étalon.
Sur le premier point, il n’y a pas de souci à se faire puisque tous les sujets inscrits au Stud-Book TF font l’objet d’une vérification de la filiation par analyse ADN sur des standards internationaux.
Sur le deuxième point, il en est de même, puisqu’il n’y a pas de différence : entre réaliser la mise en place de la semence dans un centre et avec des techniciens agréés sur le lieu même de la production de cette semence ou bien dans un établissement similaire, ayant les mêmes compétences juridiques, mais proche du lieu de résidence de la jument. En effet, la procédure se déroule comme suit :
•Corrélativement à la production de semence et sa diffusion, il y a vente de cartes de saillies dans la limite du quota autorisé. Chaque carte précise en particulier 3 éléments : l’identité de l’étalon et de la jument ainsi que l’année.
•L’acte insémination qui fait l’objet d’une déclaration de saillie et qui, en plus, mentionne la date de l’insémination présumée fécondante.
•La déclaration de naissance qui ajoute à ces informations la date de ce dernier évènement.
En fichier, un algorithme vérifie la cohérence de ces données, statue sur la validité de la conception d’un produit et en conséquence décide de son inscription. Tout le dispositif est basé sur le fait que ce ne sont pas des doses de semence qui sont vendues mais des cartes de saillies affectées à des juments identifiées pour une année. Si l’étalonnier dépasse le quota de cartes, il est en infraction avec ou sans transport de sperme. S’il est déclaré une naissance ne correspondant pas à une carte, le produit n’est pas inscrit. La maîtrise de la situation est totale pour les produits à inscrire au Stud-Book TF.
La situation n’est pas la même pour les produits s’inscrivant dans des Stud-Books étrangers. Avec ou sans transport de sperme la situation est la même. Aujourd’hui, l’interdiction du transport de sperme n’empêche pas certains propriétaires d’étalons de dépasser le quota de la trentaine de doses pour l’exportation, ni même d’exporter leurs étalons TF hors de nos frontières pour produire de la semence en toute liberté. Il semble bien vain, et probablement inutile, de vouloir réglementer l’élevage, à l’étranger, même concernant des géniteurs français !
TOP TROT : Les autorités qui réglementent l’élevage du Trotteur Français ne nient pas certains des avantages que vous citez, mais elles mettent en garde sur les importantes modifications de la filière qu’induirait la mise en place de cette technique et notamment sur l’avenir de la spécificité du Trotteur Français. Qu’en pensez-vous ?
J.B. : Bien évidemment je suis attentif aux diverses objections formulées pour justifier le refus du transport de la semence. J’ai relevé les principaux arguments suivants :
•« Les produits fabriqués avec de la semence conservée sont moins bons ». Scientifiquement l’argument ne tient pas et l’expérience acquise en France et à l’étranger confirme nos connaissances fondamentales sur le sujet. Je dois avouer que cet argument est aujourd’hui de moins en moins opposé, sauf par quelques irréductibles.
•Lors de la réunion du Comité de la SECF du 9 septembre 2003, à propos de la politique de défense de la race Trotteur Français et de la reconnaissance de sa spécificité, le Président s’exprimait : «Dans ce domaine, l’interdiction de l’utilisation de semence congelée représente un enjeu essentiel, qui ne peut en aucun cas être remis en cause, sous peine de provoquer un grave déséquilibre, susceptible de nuire à l’ensemble des éleveurs » (sic, TROT-INFORMATIONS N°147). Comment donc la longue conservation de la semence et son transport peuvent-ils modifier quoi que ce soit en la matière ? En effet, je viens d’expliciter le dispositif qui permet la totale maîtrise des règlements. Quant aux doses congelées et exportées, il n’y aurait guère de changement par rapport aux pratiques actuelles, puisque le règlement n’a pas d’effet !…
•Enfin il est avancé que le transport du sperme aurait pour conséquence la suppression du quota de cartes et augmenterait gravement la consanguinité. Tout d’abord permettez moi d’être étonné de cette attention vis-à-vis de la consanguinité alors qu’il est de bon ton de pratiquer l’inbreeding qui, par définition, accroît le taux de consanguinité ! Il faut savoir que la meilleure façon de contenir ce taux moyen de la population, c’est de diversifier l’origine des étalons agréés, dans le cadre d’un programme national, de conseiller les accouplements les moins consanguins et de démythifier l’inbreeding. Enfin, pour les raisons déjà exposées, je ne vois pas pourquoi le quota de cartes serait supprimé. La réflexion sur la suppression ou l’aménagement de ce quota est un autre problème qui est, dans son essence, indépendant du mode de reproduction.
Tous ces arguments ne sont pas fondés car jamais il n’est démontré de façon logique et détaillée les effets nuisibles avancés.
Par contre, je partage tout à fait le point de vue que la filière reproduction TF subirait une importante évolution. Et alors, ce ne serait pas la première fois qu’une évolution technologique induirait une modification de l’organisation professionnelle d’une activité. Tout d’abord, et je le répète car c’est important, c’est moins de juments sur les routes… Evidemment, de nombreux étalonniers se verraient contraints de modifier leurs établissements. Le laboratoire devrait évoluer avec plus de compétences et le matériel qui convient. C’est ce qui justifie le surcoût à la production de semence évoqué précédemment. Il est prévisible que les étalonniers disposant d’un effectif d’étalons faible et/ou peu demandé pourraient disparaître ou poursuivre leur activité en monte naturelle ou semence fraîche, s’il existe une demande de proximité suffisante. Cette évolution serait progressive et positive pour la race puisque les moins bons étalons disparaîtraient et les établissements accroîtraient leurs moyens et leurs compétences en matière de reproduction.
TOP TROT : Pratiquement, comment verriez vous la façon dont les éleveurs que vous représentez pourraient faire reproduire leurs juments si le sperme se transportait ?
J.B. : Il est une autre évolution dont je n’ai pas parlé, c’est celle qui concerne la mise en place du sperme transporté. C’est là un point positif pour les étalonniers puisqu’ils pourraient devenir centre de mise en place pour de la semence qu’il n’ont pas produite. Les Haras Nationaux, en particulier mais non exclusivement, ont, à mon avis, un rôle important à jouer en la matière, avec leur maillage de l’hexagone en stations de monte. L’éleveur ferait ses réservations et achats de cartes comme aujourd’hui. Il devrait préciser alors le mode de reproduction choisi en fonction de ce qui est proposé et le lieu où se ferait la mise en place. Le centre de production acheminerait, au moment opportun, les doses nécessaires vers le centre de mise en place. L’éleveur conduirait sa jument au centre choisi pour le suivi gynécologique et l’insémination. Les déclarations du centre de mise en place et de l’éleveur se feraient comme actuellement et permettraient de n’enregistrer que les produits régulièrement conçus. La seule nouveauté, c’est, dans certains cas, la séparation de l’établissement qui produit la semence de celui qui la met en place.
Avouons qu’il est quand même plus judicieux d’avoir à transporter quelques doses de semences, même dans l’azote liquide, plutôt qu’une jument et son foal de quelques jours. Une telle évolution supprimerait un des sérieux handicaps qui pèsent dans l’immédiat sur l’élevage TF et à plus long terme sur l’amélioration génétique, face à la concurrence étrangère qu’il faut se préparer à soutenir intelligemment.
(interview publiée dans le N°5 de TOP-TROT avril 2005)
Autres textes parus antérieurement (pour lire, cliquez sur le titre) :
ZERO POINTE! le 2 février 2005
RENCONTRE AVEC JACQUES BOULLY, LE 19 février 2005
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA SECF LE 8 JUILLET 2005
TROP DE REGLES… DEREGLE LE TROT ! décembre 2004
LE HASARD A BESOIN D'ETRE AIDE ! septembre 2004
LE GEMTROT, L'EFFICACITE AU SERVICE DE NOTRE PASSION, le 27 août 2004
INBREEDING... IN DEPRESSION, le 18 mars 2004
L'ARGENT NE FAIT PAS LE BONHEUR... MAIS... le 13 mars 2004
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Danièle et Jacques BOULLY "La Fellière" 49330 JUVARDEIL
Tél : 02 41 69 40 02 E-mail : felliere@orange.fr
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